Je ne me souviens plus quand
exactement j'ai entendu pour la première fois Sade
à la radio mais je crois me souvenir que
c'était au moment où est sortit le single
"Smooth operator" ce qui remonte en fait en 1984. Je suis
devenu fan quand est sortit «Is it a crime», en
achetant le 45 tours.
J'ai été séduit par cette voix et ce
visage à l'époque sophistiqué, tendance
jazzy. Cet appel correspondait à une période
de mon adolescence où je n'avais plus de points de
repères : l'esthétique et le son Sade
m'apportèrent un réconfort, un bien-être
certes provisoire mais nécessaire. Je dois à
Sade ces périodes d'équilibre retrouvé,
de sérénité alors que j'étais au
plus bas où d'amères pensées
m'amenaient à en venir au pire. Je lui et leur dois
en quelque sorte la vie, la reconnaissance, respect et
fidélité.
Ses chansons sont baignées de sensibilité, de
douceurs, sa voix telle une fine brise m'enrobe
délicatement et me berce langoureusement. Du bonheur,
rien que du bonheur et ce sentiment de ne faire qu'un avec
ses mélodies. Il m'arrive parfois de pleurer telle
l'émotion procurée est forte et intense.
Comment retranscrire cette sensation si personnelle et
pourtant partagée par de nombreux fans ?
Mes premiers souvenirs télévisuels datent du
concert diffusé sur Antenne 2 aux Enfants du Rock,
concert regardé sur un téléviseur noir
et blanc, des 4 grandes lettres blanches en
arrière-plan formant le mot SADE mais aussi quelques
émissions manquées dont une avec une interview
!! menée par un certain Childéric.
Au fur et à mesure que les années passaient,
je me suis rendu compte que j'avais loupé beaucoup de
choses. j'ai donc commencé à collecter,
rechercher tout ce qui avait une relation avec Sade. Ma
passion s'est donc amplifiée au fur et à
mesure de l'excitation provoquée par la recherche et
parfois par la découverte de nouveaux 45 tours,
affiches ou magazines.
J'avais notifié chronologiquement tous les
évènements qui avaient ponctué
l'histoire du groupe depuis sa création sous une
forme de listing
et je me servais de ces données pour retouver ce qui
devenait à mes yeux des trésors ou biens
précieux. Allant de bouquineries en bouquineries,
fréquentant les dépôt-ventes, les
bibliothèques, je recherchais dans n'importe quel
type de revues allant du programme télé
(obligatoire) au livres érotiques (facultatif),
recherchant tout article, paragraphe, pub ou encore annonce
de concerts en France. J'ai même enregistré sur
une cassette des messages annonçant la sortie de
l'album «Stronger than pride» ou encore à
l'émission Champs-Elysées où le groupe
interprêta «Nothing can come between us».
J'ai tout noté sur un cahier
de brouillon, notifiant
les heures de passage de certaines chansons
écoutées ou l'apparition à des
émissions télé. J'ai fini par me rendre
compte de cette folie en relisant ce cahier où
j'avais même collé les tickets de caisse
validant l'achat d'un 45 tours ou d'un maxi, comme pour
figer cet instant, resituer voire même officialiser ce
moment de bonheur.
Ma passion
s'est toutefois atténué par moment en raison
de certaines périodes où le groupe
n'était plus d'actualité ou alors lorsqu'il
était tout simplement en repos. Internet vint par
miracle réactiver ce fort intérêt,
m'apportant une grande aide dans la recherche de disques et
me conforta dans le sens ou je me rendis compte que je
n'étais pas seul à apprécier Sade.
La sortie en novembre dernier de Lovers Rock m'a fait
revenir en arrière lors de la sortie de Promise ou
Love Deluxe. Le plaisir d'écouter Sade après
une si longue absence m'a beaucoup touchée. Je
ressens ce bonheur, cette douceur. La joie de voir que
malgré les années, elle s'est magnifiquement
épanouie et est restée la même
fidèle à elle-même, authentique,
sincère.
La tournée "Lovers Rock" prévue pour cette
année, me permettra peut-être enfin de voir
Sade en concert, ultime et tant attendu moment
espéré depuis plusieurs années...
Olivier
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